theatreetpsychanalyseacorpsperdus

Le corps du théâtre et de la psychanalyse

L’« Après-Coup » – Zazie dans le métro, le film de Louis Malle.

Article écrit par Margot Ferrafiat-Sebban,

tumblr_mc9e66hI491rjpp9mo1_500

C’est à la croisée des chemins, entre théâtre et cinéma,  qu’un lieu vivant et créatif ; Le Lucernaire, a permis dimanche 19 avril à l’issue du film « Zazie dans le métro » de Louis Malle, une rencontre entre un public, un film, une pièce de théâtre et la psychanalyse.

Nous remercions Nicolas Clautour responsable cinéma ainsi que la direction du Lucernaire de nous avoir invités à cette projection exceptionnelle. Nous remercions chaleureusement Sarah Mesguich, sans qui cet évènement n’aurait pu prendre forme, merci de son regard, pour sa subtilité et son éclairage. Merci aux comédiens qui ont donné consistance au débat et grâce auxquels, jusqu’au 02 Mai le texte de Raymond Queneau prend corps sur les planches du Lucernaire dans la pièce de théâtre « Zazie dans le métro » : Adaptation et mise en scène Sarah Mesguich, d’après Raymond Queneau ©Gallimard.
Avec : Joëlle Luthi, en alternance avec Léopoldine Serre, Jacques Courtès, Charlotte Popon, en alternance avec Amélie Saimpont, Tristan Wilmott, en alternance avec Alexis Consolato, Alexandre, Levasseur, Frédéric Souterelle.

Merci aux spectateurs qui ont donné vie à cet évènement, nous nous excusons pour ceux qui n’ont pas pu assister à la projection du film, faute de places.

C’est dans l’après-coup du débat, que s’inscrit une forme de « resubjectivation  de  l’événement »[i]. Nous pourrions dire que le débat à fait « après-coup » pour nous analystes de théâtre et psychanalyse, ACP. Il faut le temps, pour que se fasse une sorte de coupure subjective qui permet de faire sens.  C’est une véritable prolongation de réflexion qui à chaque fois nous remet au travail, pour repenser un point d’achoppement entre la cure analytique, le théâtre et le cinéma, ce qui  fait trace devient par là même un repère historique dans la constitution du sujet. Ces points d’achoppement sont, toujours, livrés par le public, leur diversité montre la labilité, pour chacun, d’un point d’accroche selon, sa perception pourrait-on dire ? Son histoire ?

En reprenant les différents points mis en avant par les personnes ayant pris la parole, nous pouvons souligner que Zazie est vécue tantôt comme analyste, pointant les semblants des adultes, tantôt comme miroir d’un écueil, reflet d’une société en mouvement. Le film comme métaphore du rêve, un inconscient collectif, renvoyant au mythe d’Eurydice.  Zazie objet « cause de désir » souscrivant à une sorte de continuation du désir, un désir en marche dont la condition serait  le ratage systématique des rapports entre les personnages et l’accès interdit, manqué de l’objet métro. Un interdit matérialisé par le langage. Le plus frappant a été nous semble-t-il la sensation d’envahissement que suscite le film, telle une émergence pulsionnelle, un mal de  mer, il s’agit bien là de l’envahissement de la langue de Raymon Queneau qui est reprise dans le film de Louis Malle. Cette langue nous fait l’effet de grognements, de bruits, de choses non structurées en signifiants, Lacan appelle cela la « moterialité » de l’inconscient une sorte de langue n’appartenant qu’à Queneau, excluant les manques, les écarts entre les signifiants, qui parfois est hors-sens et qui à d’autres moments renvoie à des sensations inattendues.  En inventant le terme de « lalalangue », néologisme à la guise de celui qui a élaboré ; « l’inconscient structuré comme un langage », tente, à son tour, d’attraper quelque chose qui échappe au sens. Lalangue, sorte de lallation de la langue, de jaculation, de matérialité sonore, de ce qui s’entend avant le sens. À la fin d’une analyse, quelque chose de cet ordre s’attrape, quelque chose qui a marqué  leparlêtre – celui qui parle et est parlé –, précédant le sens œdipien et relevant plutôt de l’impact des mots sur le corps, du choc des mots sur le corps ou « percussion des mots sur le corps ».

Sarah Mesguich dans sa mise en scène de la pièce « Zazie dans le métro » joué au Lucernaire, nous permets de nous décoller de cet envahissement de la langue mise en image par Louis Malle. La pièce de Théâtre nous extrait du tourbillon pulsionnel des mots et des images pour nous livrer les interrogations qui traversent Zazie : le genre, le sexuel, l’indifférenciation, la métamorphose…..

[i] Lacan J., « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p 256

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :