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Le corps du théâtre et de la psychanalyse

Le Philosophe et la Putain,

Article écrit par Margot Ferrafiat-Sebban,

Théâtre 13 – Seine, Jusqu’au 04 Octobre.

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Texte Jacques Rampal – mise en scène Elsa Royer – Avec François Chodat Antisthène, Pierre-Yves Desmonceaux Platon, Anne Jacquemin (Hariola), Alain Leclerc Diogène, Christian Pélissier Cratès, Françoise Pinkwasser Hipparchia, Yann Sundberg Alexandre – Musique Fabien Colella, Scénographie et costumes Danièle Rozier, Création lumières Antonio De Carvalho – Production Théâtre de l’Orange bleue, avec le soutien de la Spédidam. Spectacle créé en collaboration avec le Théâtre 13

« Je me moque de toi mais reste ton élève » dégoise Alain Leclerc, dans le rôle de Diogène, à son maître Antisthène. C’est sur les planches du théâtre 13 que s’invite le philosophe le plus célèbre de son temps, il y dépose sa jarre et nous conte en alexandrins, sous la plume habile de Jacques Rampal, quelque chose d’une sorte de folie douce, une folie appelée liberté.  Une liberté de penser, une liberté de langage, une liberté qui s’articule au fil des mots. Un moment de théâtre qui d’abord s’écoute les yeux fermés pour juste se laisser porter par les rimes, ainsi, nous entraînent et parfois nous déroutent mais surtout nous interrogent ; le lien, le désir, l’amour, le savoir et le rire.

Diogène pratiquait la « paressia », la liberté de langage qui correspond à la règle fondamentale de la psychanalyse : tout dire, manier les mots sans pudeur et sans limites, même si cela semble sans intérêt, inconvenant, illogique ou absurde. Le texte de Jacques Rampal nous frappe particulièrement, en cela, qu’il est en Alexandrin, donc répondant à certaines règles ce qui finalement peut sembler paradoxale à la pensée mordante d’un vieux cynique. A la manière de Mallarmé, Jacques Rampal renverse la langue, Il s’installe au défaut et à l’envers de la langue. La pièce mise en scène par Elsa Royer articule la rigueur poétique à une haute figure de résistance à la pensée simplifiée,  avec comme figure de proue : l’ironie. Diogène se moque, il rit de lui, envoie paître Alexandre roi de Macédoine et détourne les « vérités » de Platon. Sur la scène du théâtre 13, Diogène meut ses contemporains, Platon, Anthistène, Cratèse, Hipparchia, Alexandre et provoque les dieux. Alors qu’impétueusement il refuse et s’oppose au « discours du maître » au sens Lacanien du terme, il est troublant pour le spectateur d’observer que Diogène attire, non pas, les foudres de Zeus et l’ignorance  de ces penseurs mortels, mais bien au contraire, leurs sollicitudes. Diogène ne peut tolérer le désir des uns et des autres qu’à s’y soustraire, exception faite d Hariola, là, la pièce frôle le génie puisqu’elle condense déesse et courtisane. Diogène se laisse prendre au piège d’un amour ignoré jusque-là, c’est comme si tout pouvait être pris à contre-pied sauf l’amour, seul remède, a un impossible du rapport sexuel. L’amour en tant que suppléance, une suppléance à ce que le rapport sexuel échoue à faire : qu’à deux, ça fasse Un…..

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Cette entrée a été publiée le septembre 28, 2015 par .
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