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Le corps du théâtre et de la psychanalyse

Jeux de planches à l’Aktéon

Article écrit par Marianne Carabin

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Issu de la saison Avignon 2015 et jusqu’au 06 février 2016 avec Sophie Imbeaux et Alexandra Desloires, Jeux de Planches de Jean-Paul Alègre, Delphine Roudaut, mis en scène par Delphine Roudaut à l’Akteon dans le 11ème à Paris.

Deux femmes. Non ! Deux Comédiennes. Deux femmes comédiennes face à la réalité et à ses principes. Deux femmes. Deux comédiennes. Un huis clos. On retrouve ici, sans que cela en ait l’air, une atmosphère selon l’écriture de Genet, Jean Genet, et de ses truculentes Bonnes. On y parle de l’enfermement des conditions sociales comme s’il n’y avait plus qu’une seule condition sociale, par ce que qu’elle que soit notre condition sociale, il me semble, que chacun peut se retrouver dans ce texte, dans ces femmes, dans leur salvateur et pourtant jouissif masochisme, premier allié du principe de réalité qui nous extrait de la folie, dans leur rage de vivre, dans leur… On y parle de l’enfermement et de la révolte qui en découle. On y retrouve, entre autres, l’une des mythique triade psychanalytique : le Moi, le Ça et le Surmoi.
Cette heure de théâtre met le doigt, met l’accent sur une réalité non seulement sociale mais aussi, et peut-être surtout, intime dirons-nous, à laquelle personne n’échappe : se perdre en répondant à une demande inépuisable où s’entretissent, s’entre-tiennent les jouissances conjuguées des non-rapports qui nous aveuglent. La condition de la femme, dans nos sociétés occidentales aussi, y est au premier plan, et de fait c’est aussi la condition de l’homme, avec un petit h, oui, qui est sur le devant de la scène. Au premier plan, en terme de pulsion, car la question de l’art, de la sublimation, de la verticalisation, de la subjectivité est admirablement représentée, comme dans la vie :  de nos jours, tous et chacun, comment sommes-nous agis par la pulsion ? Qu’en fait-on ? Chacun. Qu’en fait-on ensemble ? La pulsion du troisième millénaire semble quelques fois étouffée dans nos habits d’orgueil, dans nos prisons d’idéologies.
Mais la pulsion ne s’arrête pas là. La pulsion ne s’arrête pas. La pulsion ne s’arrête jamais et c’est bien une de ces quatre composantes, ici la poussée, dont il est question. La pulsion, via son objet, se détourne, se retourne, se contourne mais la pulsion ne s’arrête pas. Ces deux femmes là sont, avec leur Jeux de planches, une heure de Ça, palpable dans l’intelligence de l’équipe, car tout sert le propos, de nous mettre en mains, par le rire, le monstrueux de la réalité imposée par ceux que nous sommes les seuls à placer « au-dessus ». A bon entendeur… 🙂

Quoi qu’il en soit,
une heure de rire pour entamer l’année, c’est pas mal, non ? Et puis… elles sont : sexies, authentiques, justes, dingues, révoltées, touchantes, attachantes, lucides, acides, tendres, réalistes, sans pitié . . . En un mot des femmes. Des femmes de talent qui plus est. On ne se fait pas prier. On y va ?

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Un commentaire sur “Jeux de planches à l’Aktéon

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Cette entrée a été publiée le janvier 3, 2016 par .
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